Il répond toujours présent. Il a un mot juste pour chacun. Il porte, il écoute, il console. Il trouve des solutions quand tout le monde est perdu. Et quand on lui demande comment il va, il dit "ça va". Parce que c'est toujours lui qui gère.
Le fort de service, ce rôle qu'on ne lui a pas demandé
À un moment, quelqu'un a décidé, sans vraiment le décider, que tu étais celui/celle qui tient. Qui ne s'effondre pas. Qui est disponible. Et depuis, les autres arrivent. Avec leurs angoisses, leurs crises, leurs peines. Leur 3h du matin. Leurs "je sais pas à qui d'autre en parler".
Et tu es là. Parce que c'est toi. Parce que tu ne sais pas faire autrement. Parce que voir quelqu'un souffrir sans tendre la main, tu n'y arrives pas. Mais personne ne te demande comment tu vas. Vraiment. Parce que toi, tu vas toujours bien. C'est connu.
Le burnout émotionnel s'accompagne de détachement et de fatigue
Ce que personne ne voit
Le burn-out émotionnel silencieux, ça ne ressemble pas à un effondrement spectaculaire. Pas de larmes au bureau, pas d'arrêt maladie, pas de signal d'alarme visible.
Ça ressemble à de la fatigue qu'on n'arrive plus à expliquer. À un vide étrange après avoir raccroché le téléphone. À une irritabilité qui sort de nulle part. À l'envie soudaine de disparaître, pas mourir, juste ne plus être joignable. Ne plus exister pour les autres pendant un moment.
Ça ressemble à décrocher moins vite. À relire un message et ne plus avoir l'énergie de répondre. À sourire quand même, parce que c'est ce qu'on attend de toi.
Tu n'es pas épuisé(e) de ta vie. Tu es épuisé(e) de vivre la vie des autres en plus de la tienne.
Tes problèmes aussi ont le droit d'exister
Il y a quelque chose d'insidieux dans ce rôle : à force d'être le pilier des autres, tu finis par minimiser ta propre souffrance.
Tu te dis que ce n’est pas si grave. Que d'autres ont plus difficile. Que t'as pas le droit de t'effondrer, parce que si toi tu lâches, qui va tenir les autres ?
Et les rares fois où tu essaies de parler, soit on te répond avec tes propres conseils, soit on te charge d'un nouveau problème avant même que tu aies fini ta phrase.
Parce qu'on ne t'a jamais vu autrement que fort(e). Tes blessures comptent. Même si tu n'as personne pour les entendre.
Ce que tu mérites, et qu'on oublie de te donner
Quelqu'un qui demande des nouvelles sans attendre quelque chose en retour. Quelqu'un qui tient l'espace pour toi, pour changer. Un endroit où tu peux être celui/celle qui ne sait pas. Qui doute. Qui craque. Pas le héros. Juste toi.
Et toi, t'en penses quoi ?
Si tu te reconnais dans ces lignes, ce n'est pas une coïncidence. Et peut-être que la chose la plus courageuse que tu puisses faire aujourd'hui, ce n'est pas d'aider encore une fois. C'est de laisser quelqu'un t'aider, toi.
Cet article t'a parlé ? Dis-le en commentaire. Et si tu connais quelqu'un qui sourit toujours mais porte trop, partage-le lui. Parfois, se sentir vu(e) change tout.

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